FR – En visite chez ClayLime à Schaerbeek
ClayLime développe et commercialise des revêtements de sol et de mur à base d’argile et de chaux. Une alternative naturelle et durable au ciment.
« Pendant une heure et demie, Charles-Hubert Gernaert nous parle de ses enduits avec passion et enthousiasme. Il évoque brièvement quelques problèmes concrets auxquels il est confronté en tant qu’entrepreneur – mobilité, coût salarial – mais il revient immédiatement sur ce qui rend ses produits uniques », résume Quentin van den Hove, échevin à Schaerbeek, à l’issue de cette visite d’entreprise.
Dit artikel in het Nederlands lezen
« La passion est un moteur essentiel pour de nombreux entrepreneurs », souligne Imane Belguenani, députée bruxelloise, totalement séduite par les possibilités de ces produits naturels. « C’est particulièrement vrai pour Charles-Hubert Gernaert. » Il a repris l’entreprise en 2011. Située dans un bâtiment industriel de la rue Monplaisir à Schaerbeek (un nom de rue qui est toujours un atout à l’international). Il en a changé la dénomination, le concept, repensé l’identité visuelle et, surtout, développé en permanence de nouveaux produits (MonoSoft, Wonderstone, Creatina, Claystone, TadelaktPro). La recherche et le développement sont primordiaux. Dans l’atelier/showroom/centre de formation destiné aux architectes et aux artisans, l’équipe R&D travaille actuellement sur un nouveau produit 100 % naturel.

L’esthétique joue un rôle clé : ClayLime crée sa propre palette de couleurs. Sur le site internet, on peut découvrir les projets réalisés par des designers utilisant ses produits. Aurélie Dalle, coordinatrice chez ClayLime, nous montre fièrement une photo du magasin Jacquemus à Londres, entièrement aménagé avec des produits ClayLime.
L’argile est achetée en Belgique. Elle est transformée par un sous-traitant en poudre avant d’être mélangée à des pigments naturels. L’ensemble est ensuite livré à Schaerbeek. L’entreprise vend environ 15 à 20 tonnes par mois à des entrepreneurs et des commerçants (exclusivement en B2B). « C’est un produit coup de cœur », insiste Charles-Hubert Gernaert. « Il est un peu plus cher, moins sensible aux fluctuations économiques et demande surtout un vrai savoir-faire et un sens esthétique pour être appliqué. » Ce savoir-faire, ils souhaitent aussi le transmettre à travers des ateliers de formation.

« C’est un métier d’avenir », affirme Quentin van den Hove. « Dans le secteur de la construction, nous devrons de plus en plus utiliser des matériaux naturels et durables pour remplacer les produits polluants et fortement émetteurs de CO₂. »
L’aspect durable est au cœur du projet. C’est un matériau sain à utiliser, sans substances toxiques, ce qui est essentiel pour les artisans. Sa fabrication n’émet que très peu de CO₂. Aujourd’hui, le ciment est responsable de 30 % des émissions mondiales de CO₂. Le sol de l’atelier ClayLime ressemble à du ciment, mais il est en réalité composé d’argile ou de chaux. Aurélie nous montre une photo de l’atelier sous l’eau : « Il y a eu une inondation l’année dernière dans la rue Monplaisir. Tout était submergé, y compris l’atelier. Pour démontrer la résistance de notre produit, nous sommes allés pieds nus dans l’eau. »

Quentin van den Hove conclut : « C’est effectivement rock solid ! »