FR – Imane Belguenani visite l’entreprise Ziegler avec la commission economie du parlement Bruxellois.
Ziegler, une grande entreprise de transport située le long du canal à Neder-Over-Heembeek, appelle la Région bruxelloise à trouver un meilleur équilibre entre la mobilité douce et les besoins économiques et logistiques.
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« La qualité de vie en ville est essentielle », affirme Imane Belguenani, députée bruxelloise (Open VLD), « mais les alternatives actuelles pour approvisionner le centre-ville restent insuffisantes ». Elle demande plus de concertation avec le secteur lors du déploiement du plan Good Move : « Les acteurs de la logistique estiment qu’ils n’ont pas été suffisamment écoutés ».

Rapport: Adrien Naessens, étudiant en sciences politiques à l’ULB, stagiaire au groupe Open VLD du parlement bruxellois.
Cette déclaration fait suite à une visite de la commission economique du Parlement bruxellois chez Ziegler. L’élue a également relayé les difficultés exprimées par l’entreprise en matière de recrutement de personnel qualifié : « Les postes vacants peinent à être pourvus, même si l’entreprise assure elle-même les formations en interne ».
Le mercredi 12 mars, la Commission bruxelloise des Affaires économiques et de l’Emploi a visité Ziegler, une entreprise multinationale du secteur logistique, basée à Tour & Taxis.
Au nord de Bruxelles, le long du canal, se dresse un bâtiment moderne derrière des portails automatiques. Ce site abrite Ziegler, une entreprise souvent invisible aux yeux du grand public, mais pourtant cruciale pour la vie quotidienne à Bruxelles, notamment pour l’approvisionnement des supermarchés. Selon ses responsables, la ville ne reconnaît pas suffisamment son rôle essentiel.
Des cargovélos à la livraison de nuit
Lors de la visite de l’entrepôt, la modernité de Ziegler a été mise en avant : drones pour scanner les colis, systèmes automatisés d’emballage, camions électriques prêts à partir. Mais derrière cette vitrine technologique, des difficultés bien réelles ont été abordées.

La mobilité à Bruxelles constitue un défi majeur pour un acteur logistique tel que Ziegler. Le plan Good Move, lancé en 2016 par le gouvernement bruxellois, vise à réduire la place de la voiture en ville et à favoriser les modes doux pour améliorer la qualité de vie. Un objectif louable, mais Ziegler alerte sur les effets négatifs de son application : le centre devient difficilement accessible pour les livraisons essentielles.
Les embouteillages en heures de pointe forcent l’entreprise à effectuer ses livraisons tôt le matin ou durant la nuit. Des alternatives ont été testées : Ziegler a expérimenté les cargovélos dans le centre-ville, mais leur capacité de chargement limitée les rend peu efficaces (voir article RTBf).
Une autre piste serait d’utiliser le réseau de transport public la nuit, comme cela s’est fait avec succès à Londres via le programme London Underground Freight. Rien de tel n’a encore été envisagé à Bruxelles. Par ailleurs, le canal bruxellois pourrait être mieux exploité pour le transport de marchandises, comme c’est déjà le cas à Amsterdam.
Manque de personnel qualifié
Outre les défis liés à la mobilité, Ziegler pointe aussi les difficultés de recrutement. Les entreprises logistiques peinent à trouver du personnel formé. D’après Bruxelles Formation, de plus en plus de sociétés organisent elles-mêmes des formations internes, face à la rareté de candidats adaptés. Ziegler dispose d’ailleurs de sa propre Ziegler Academy. Lors de la visite, ses représentants ont souligné que la motivation des candidats est devenue plus importante que leurs diplômes initiaux.
Imane Belguenani confirme que de nombreuses entreprises, rencontrées dans le cadre de la plateforme Brusiness.brussels, évoquent le manque de profils adaptés. Actiris et les centres de formation ne parviennent pas toujours à répondre aux besoins spécifiques du secteur. Conséquence : les entreprises doivent financer elles-mêmes des formations complémentaires, ce qui peut devenir un poids financier important et les inciter à envisager une délocalisation hors de Bruxelles.
Des interrogations sur le plan Good Move
Ziegler a formulé plusieurs propositions. Certains aspects du plan Good Move pourraient être revus en concertation avec les entreprises concernées.
Un meilleur équilibre entre mobilité urbaine et besoins économiques est nécessaire. De plus, Bruxelles devrait investir davantage dans des formations ciblées, répondant aux exigences du marché du travail, notamment dans la logistique. Sans cela, de nombreuses entreprises risquent de quitter la Région.
La question centrale reste posée : Le bien-être des citoyens bruxellois est-il réellement incompatible avec l’activité des entreprises implantées sur son territoire ? Cela appelle un engagement concret des décideurs politiques et du monde économique.
Rapport : Adrien Naessens,
étudiant en sciences politiques à l’ULB,
Stagiaire au groupe Open VLD Parlement de Bruxelles