« Nos 300 magasins pris ensemble, c’est la taille d’une grande entreprise »

FR – Open Vld en discussion avec les commerçants du quartier Brabant.

L’association des commerçants des rues Brabant, Liedts et Gallait regroupe plus de 300 magasins. En chiffres absolus, c’est le quartier commercial le plus important de Bruxelles, bénéficiant d’une reconnaissance internationale. Aujourd’hui, l’insécurité et surtout le trafic de drogue constituent la plus grande menace. « On trouve plus vite la bonne drogue que le bon tapis », ironise le président de l’association des commerçants.

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Imane Belguenani (députée bruxelloise) et Quentin van den Hove (échevin), tous deux de Schaerbeekois, ont rencontré le président de l’ASBL ACRB (www.shoppingbrabant.be ), Mohamed El Hajaiji, ainsi que le vice-président, Nasar Hamdaoui, dans un espace de coworking du Manhattan Center, dans le quartier Nord.

La Rue du Brabant à Schaerbeek est une artère commerciale de rayonnement international.

Le quartier Brabant bénéficie d’un rayonnement international. 19 % des clients viennent de l’étranger, principalement de France, des Pays-Bas et d’Allemagne, et 18 % supplémentaires du reste du pays. Pour les achats de plus de 200 euros, le quartier se classe en première position à Bruxelles, devant même le boulevard de Waterloo. De plus, il enregistre le taux de vacance commerciale le plus bas de tous les pôles commerciaux de la ville. 90 % des visiteurs sont des acheteurs, soit le pourcentage le plus élevé de Bruxelles. Les gens viennent ici pour acheter, et des études montrent que le potentiel de croissance pourrait encore doubler.

« Ce sont toutes de petites entreprises familiales », explique El Hajaiji. « Mais ensemble, ces commerces forment une entreprise comptant près de 1 000 personnes. Nous sommes des fourmis qui déplacent des montagnes. » L’impact économique du quartier Brabant est considérable. « Quand j’écoute les décideurs politiques, ils se concentrent principalement sur les grandes entreprises. » Pourtant, les petits commerçants ont surtout l’impression d’être surtaxés à tous les niveaux par une multitude de petites taxes – taxes sur les vitrines, redevances sur les déchets, précompte immobilier, etc.

El Hajaiji et Hamdaoui sont des optimistes et des entrepreneurs passionnés. Leur engagement dépasse largement le cadre de leurs commerces. L’association des commerçants est aussi devenue le porte-parole du quartier, tant sur le plan économique que sur celui de la cohésion sociale. « Nous défendons les habitants et les navetteurs qui fréquentent le quartier », résume El Hajaiji. On parle très vite de la sécurité et la propreté.

« Nous n’avons aucun problème à payer des taxes, mais il faut un retour sur cet investissement. Et c’est là que le bât blesse. » L’été dernier, Bruxelles-Propreté a refusé d’assurer la collecte des déchets dans le quartier pour des raisons de sécurité, notamment en raison de la présence de sans-abri. « Un accord a finalement été trouvé avec la commune pour que des gardiens de de la paix accompagnent la collecte. Espérons que cette mesure soit prolongée. »

Mais c’est surtout la nuisance liée à la drogue qui devient insupportable. Le problème s’enracine dans le quartier et devient de plus en plus difficile à éradiquer. « Il y a des dealeurs à à peine 50 mètres du commissariat. » Pour la première fois, un commerce de la rue Brabant est resté vacant pendant une longue période en raison des nuisances liées à la drogue.

Outre la propreté et la sécurité, l’accessibilité et le stationnement posent également des problèmes. De nombreux clients viennent de loin et doivent pouvoir charger leurs achats. « Le parking de la rue de Quatrecht était déjà complet à 15h un samedi, notre jour de forte affluence. Nous avons besoin de places de stationnement hors voirie, à proximité. Il est regrettable que rien n’ait été prévu lors de la rénovation de la gare du Nord. »

Pour les commerçants de prêt-à-porter, la concurrence avec les boutiques en ligne est également rude. « Surtout avec le dumping des sites chinois, qui pose un problème de concurrence déloyale. Il y a peu de contrôle à l’importation, ni sur la qualité et les normes, ni sur les taxes. Les magasins d’articles ménagers sont un peu moins touchés par ce phénomène. »

Beaucoup de Bruxellois l’ignorent ou s’y méprennent, mais le quartier Brabant est un pôle commercial florissant, riche en traditions et au potentiel énorme.

Johan Basiliades
Quentin van den Hove
Imane Belguenani
19 février 2025

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