FR – Quentin van den Hove a testé la technologie VR de Melimpus
Melimpus est une startup qui utilise la Réalité Virtuelle (VR) comme outil pour accompagner avec succès les personnes vers un retour au travail après une longue absence. La clé de cette transition est avant tout la confiance en soi. Les politiques se concentrent souvent sur des incitations financières ou des sanctions, comme la réduction des allocations. Gaetan van Wijck, PDG de Melimpus, explique : « Les gens évitent ce qui leur fait peur. Une personne ayant peur des araignées évite la cave. Mais tôt ou tard, cette peur doit être surmontée. C’est là que Melimpus intervient, en utilisant la VR comme un outil dans un parcours visant à faciliter le retour au travail et à restaurer la confiance en soi. » La plupart des programmes d’accompagnement se focalisent sur la motivation, mais peu prennent en compte les peurs sous-jacentes. C’est précisément là que la VR apporte une valeur ajoutée significative.
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« Vous savez que ce que vous voyez à travers le casque VR n’est pas réel », explique Quentin van den Hove, qui a testé un entretien de retour virtuel avec un employeur, « mais cela semble pourtant réel. Vous le vivez comme une expérience authentique. Le processus d’apprentissage en devient particulièrement efficace. »

Stephanie Delroisse, psychologue et co-fondatrice de la startup, souligne que la VR n’est pas un phénomène nouveau en psychologie. Elle est déjà utilisée pour traiter les traumatismes de guerre dans l’armée et comme technique contre les phobies. Plus de 15.000 études ont déjà été menées sur la VR et la psychologie. Pourtant, aucune application spécifique ne cible encore le RTW (Return-To-Work). Melimpus applique la VR dans le cadre de la « formation par exposition », où les personnes sont confrontées à une situation de travail simulée pour favoriser le retour à l’emploi, et de plus en plus aussi comme outil préventif contre les absences prolongées. Cela revêt une importance cruciale dans la lutte contre l’absentéisme élevé.
Melimpus nous reçois dans les bureaux de hub.brussels, où se trouve également lifetech.brussels. Lifetech.brussels soutient les entreprises actives dans le Medtech, l’eHealth et la Biotech, et encourage l’innovation et l’introduction sur le marché de solutions de santé publique. Melimpus s’intègre parfaitement dans cet écosystème en tant que startup utilisant la technologie pour améliorer la santé et la qualité de vie.
« Nous collectons des données et les comparons à des méthodes alternatives, telles que les techniques de relaxation, afin de valider scientifiquement leur efficacité », précise Delroisse. La technologie VR s’intègre dans un programme plus large supervisé par un thérapeute ou un coach et ne constitue pas une solution autonome. Elle est principalement destinée aux professionnels de la santé. Melimpus propose cette solution via un réseau de psychologues et de coachs. Pour l’instant, ce sont principalement quelques grands employeurs innovants et des assureurs privés qui montrent de l’intérêt.

Un tiers des absences de longue durée est lié à des problèmes de santé mentale, en plus d’autres causes comme les accidents, les maladies cardiovasculaires et le cancer. Ces absences engendrent des coûts élevés pour la société, les personnes concernées, leur famille, les employeurs et, indirectement, les assureurs et les pouvoirs publics via la sécurité sociale. L’INAMI tarde à adopter des méthodes innovantes, c’est pourquoi Melimpus met en place des projets pilotes dans des organisations publiques et privées afin de démontrer l’efficacité des programmes de RTW basés sur la VR.
Aux Pays-Bas, l’intérêt pour cette technologie est plus marqué, car l’employeur doit assumer une partie des coûts salariaux d’un employé en congé maladie pendant deux ans. Melimpus s’est également lancé en France, où les caisses d’assurance maladie prennent en charge une partie des coûts liés aux arrêts maladie. Leur prochain marché cible sera l’Allemagne.
Le nom Melimpus est dérivé de Melampous, un guérisseur mythologique grec connu comme médecin de l’âme (psyché). Les lettres « AM » ont été remplacées par « IM » pour souligner l’aspect immersif de la technologie VR. D’où : Melimpus.
Quentin van den Hove a testé un casque VR avec le programme Melimpus. Arnaud Bosteels, anesthésiste spécialisé dans les applications médicales de la VR, explique : « Grâce au casque VR, on est plongé dans une situation réaliste : un entretien avec un employeur après une longue absence. Le premier module propose un employeur compréhensif, suivi d’un employeur moins bienveillant, voire accusateur. Les modules suivants simulent des interactions avec des collègues, un manager d’équipe, etc. Le programme complet comprend huit modules. »
Actuellement, le coût d’un programme en phase de test est d’environ 2.500 euros. C’est un prix relativement bas comparé aux avantages : une meilleure santé mentale, un bien-être accru lors du retour au travail, une productivité améliorée pour les employeurs et des économies significatives pour la sécurité sociale et les assureurs. Il y a donc un modèle économique solide derrière cette initiative, souligne François Cousin, président de Melimpus.
